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Confluences

Méta-Série photographique en plusieurs chapitres

“If the doors of perception were cleansed every thing would appear to man as it is, Infinite. 

For man has closed himself up, till he sees all things thro’ narrow chinks of his cavern.”

― William Blake, The Marriage of Heaven and Hell

Et si les portes de la perceptions de William Blake existaient, à quoi ressembleraient-elles ?

 

Quelques images :

« La théorie du chaos »

« Les chemins de l’oubli »

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Publié le : 30 décembre 2015

Mots-clés : | | | |

Catégorie(s) : Confluences | Projets photo

Les différents chapitres de la méta-série (« La théorie du chaos », « Les chemins de l’oubli », « L’arbre qui voulait toucher un nuage », « A la recherche des fées »,…) permettent différentes pistes d’explorations des confluences : un voyage à la frontière entre le réel et l’imaginaire.

La frontière, ou plutôt, l’espace infinitésimal séparant les deux mondes.

Sans conteste, l’appareil photo est un instrument du réel : il a été, dès sa naissance, opposé à la peinture et au dessin, classé comme instrument de captation du réel… Même aujourd’hui, une photo est considérée comme « vraie » pour la plupart… En opposé à l’acte de création pure, en quelque sorte…

Sauf quand il y a interprétation…

Aujourd’hui, la pratique de la photographie numérique, de la retouche Photoshop, permettent beaucoup plus facilement d’imager (au sens de créer une image) un monde imaginaire…

Mais ce qui m’intéresse justement dans ce travail, c’est d’être en permanence à la limite du réel, sans matérialiser « mon » monde imaginaire… L’image laisse la place à l’interprétation individuelle de chacun, à son imaginaire, qui va reconstruire tout seul les « éléments manquants » de l’image…

La seule piste donnée va être dans le titre de l’image : « Nosferatu », « Gollum », pour des références plutôt précises à des univers connus, ou « L’île du Docteur Shark », inventions purement personnelles…

 

Pour percevoir ces confluences, prendre le temps est nécessaire…

Arriver tôt (ou tard), poser le sac à dos, déplier le trépied à la bonne hauteur, vérifier le niveau, installer la chambre, puis l’objectif, mettre les plans à l’horizontale et à la verticale. Installer le voile noir de visée…Faire coulisser les montants sur le rail pour obtenir une image nette… Commencer à mettre en place les mouvements, si besoin… Bascule, décentrement… Finaliser le cadrage, affiner la mise au point… Mesurer l’exposition au spotmètre, caler l’exposition sur les différentes zones… Noter tout cela dans un petit carnet Moleskine… Visser le déclencheur souple sur l’obturateur… Valider la profondeur de champs… Respirer… Fermer le diaphragme et l’obturateur aux bonnes valeurs… Retirer le voile… Introduire un châssis dans le dos… Attendre un peu… Tirer le volet, le retourner et le réintroduire à peine… Attendre… Respirer… Un nuage qui se met en place, un oiseau qui s’envole, le soleil qui se lève,… A l’affût… Et quand le moment vient, déclencher… Se faire surprendre par le bruit de l’obturateur… Refermer le volet… Respirer…

Sans le rituel de la mise en place de la chambre, sans cette nécessaire interrogation permanente, il est plus difficile de percevoir ces confluences… Ces instants particuliers de connexions entre deux mondes – où un état d’harmonie apparaît parfois – nécessitent une concentration, une attention au monde particulière. Une manière d’être aux deux mondes…

 

Le tirage palladium est également un moyen de prolonger cet état intermédiaire…

Les tonalités, les particularités du procédés, l’imprégnation de l’image dans les fibres du papier, le rôle de ces fibres elles-mêmes comme élément visuel, tout cela contribue, renforce le propos…

Le procédé flirte avec les gravures de Gustave Doré ou les planches d’illustrations des livres de Jules Verne…

Témoignage d’une réalité ou support à la rêverie, peut importe, c’est le perpétuel aller-retour qui définit cet espace intermédiaire, ces confluences…

Car c’est à cet endroit que se joue la philosophie première, la métaphysique…

« Quelque chose de simple, d’infiniment simple, de si extraordinairement simple »

– Bergson

 

… Une transcendance …

 

 

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